Des passeurs de pensée juive d’origine hispano-maghrébine : la lignée Encaoua
❧ Description
Dans l'histoire
Recherche critique
Datation
Certain1200 — 1935
📚 Jewish Encyclopedia, rubrique « ALNAQUA » (Moses Beer, Richard Gottheil, Isidore Singer, J. S. Raisin)
📚 Encyclopedia Judaica, rubriques sur les membres de la lignée
📚 Alexander Beider, A Dictionary of Jewish Surnames from Maghreb, Gibraltar and Malta, Editions Avotaynou, New Haven, 2017, pp. 27 et 318
📚 Abraham I. Laredo, Les noms des juifs du Maroc, Consejo Superior de Investigaciones Científicas, Madrid, 1978, pp. 342-346
📚 Maurice Eisenbeth, Les Juifs de l'Afrique du Nord, Démographie et Onomastique, 1936 (rééd. 2000)
📚 Moïse Schwab, « Séfarad IV », Revue des Études Juives, n°65, 1944, pp. 45-72
Provenance
- Lieu d'origine :
- Publié par le Cercle de Généalogie Juive, Paris (revue GÉNÉALO-J, n°135, automne 2018, pp. 4-16)
- Date de découverte :
- 2018
- Contexte :
- Article de synthèse rédigé par David Encaoua (économiste, professeur émérite Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) dans le cadre d'une reconstitution généalogique familiale appuyée sur des sources primaires et secondaires.
Chaîne de conservation :
Analyse matérielle
- Support :
- article imprimé (revue généalogique, 14 pages, A4, 595×841 pt) — version PDF accessible en annexe
- Écriture :
- français contemporain ; citations en hébreu (caractères carrés et cursives), judéo-arabe et araméen
Document produit sous Adobe InDesign CS6, généré en PDF (Adobe PDF Library 10.0.1, PDF 1.6) le 3 juillet 2018, révisé le 23 juillet 2018. Appareil critique : 47 notes de bas de page renvoyant à des sources primaires (Jewish Encyclopedia, Encyclopedia Judaica, Shlomo Ibn Verga, Šhevet Yéhouda, Cecil Roth, Alexander Marx), des études contemporaines (Beider, Laredo, Schwab, Marglin, Sirat, Fenton, Schwarzfuchs, Assan, Brown) et des archives (Gallica, Bodleian Library d'Oxford). Illustrations : frontispice du Menorat ha-Maor édité par Enelow (1929-1932), photographie de la synagogue du Rab à Tlemcen (début XXᵉ), tombe du Rab Ephraïm, médaillon du lion, couverture de Kerem Hemer (Livourne 1869-1871), portrait d'Abraham Ankawa vers 1880, photographie de Raphaël Encaoua à 78 ans, couverture de Paamoni Zahab (Jérusalem 1977), mausolée de Raphaël Encaoua à Salé.
Débats académiques ouverts
Datation de l'exécution de Yéhouda et Shmuel Al-Naqua à Tolède
Étymologie du patronyme Al-Naqua / Encaoua
Ampleur réelle des massacres anti-juifs de 1391 en Castille
Attribution du Menorat ha-Maor
Positionnement juridique d'Abraham Ankawa face au droit français colonial
⚖️ Liens inter-religieux
christianisme — transmission
La lignée s'enracine à Tolède, foyer de la convivencia, où Yéhouda et Shmuel Al-Naqua servaient à la cour d'Alphonse IX de Castille. Les massacres chrétiens de 1391 et l'édit d'expulsion de 1492 précipitent la diaspora vers l'Afrique du Nord. Plus tard, sous le protectorat français, Abraham Ankawa (XIXᵉ) et Raphaël Encaoua (XXᵉ) composent avec le droit civil français et les autorités coloniales — Raphaël Encaoua reçoit la Légion d'honneur en 1929 des mains de Lucien Saint.
islam — adaptation
Ephraïm Al-Naqua devient médecin officiel du sultan de Tlemcen après avoir guéri sa fille, obtenant pour les Juifs le droit de quitter le quartier d'Agadir et d'accueillir des coreligionnaires d'Espagne et des Baléares. Son tombeau, resté jusqu'en 2005 un lieu de pèlerinage juif ET musulman, illustre une mémoire partagée rare ; le mausolée a été ré-inauguré en 2013 par les autorités algériennes. Abraham Ankawa et Raphaël Encaoua s'appuient sur le principe dina de-malkhuta dina (« la loi du royaume est la loi ») pour articuler halakha et droit du pays d'accueil, qu'il s'agisse du pouvoir chérifien ou de l'administration coloniale française.
islam — divergence
Entre le XVᵉ siècle marocain (Ephraïm Al-Naqua confronté à un incident à la mosquée de Marrakech en 1393) et l'Algérie post-1830, les équilibres bougent : le protectorat français puis la colonisation démantèlent en 1842 la juridiction rabbinique traditionnelle et imposent la nomination par le Consistoire. Ankawa a démissionné de Mascara en 1878 après une campagne d'opposition dirigée contre lui — tension exemplaire entre autorité rabbinique traditionnelle, droit musulman et droit civil français.