זכורZakhor
Royaumes & Prophètes1100-1001 av. J.-C.

XIe siècle av. J.-C.

Samuel et Saül, naissance de la monarchie

Résumé

Samuel oint Saül comme premier roi. La confrontation avec les Philistins structure la monarchie naissante. David, berger de Bethléem, émerge.

Événements marquants

  • c. 1080 av.Samuel naît à Rama ; Silo devient centre spirituel de l'Arche.
  • c. 1050 av.Bataille d'Afeq : l'Arche est capturée par les Philistins ; Silo détruite.
  • c. 1030 av.Samuel oint Saül fils de Kish premier roi d'Israël (1 S 10).
  • c. 1015 av.David, berger de Bethléem, terrasse Goliath à la vallée d'Éla.
  • c. 1010 av.Saül et Jonathan meurent au mont Guilboa ; David est oint roi de Juda à Hébron.

Le siècle en récit

Le XIᵉ siècle avant notre ère voit Israël passer de la confédération tribale à la monarchie. C'est le siècle de Samuel, de Saül, et du jeune David — trois figures que la Bible entrelace en un des récits les plus serrés et les plus humains de l'Écriture.

Samuel, fils d'Anne la stérile à qui Dieu avait enfin ouvert le ventre, est voué à l'Éternel dès sa naissance. Élevé au sanctuaire de Silo auprès du grand prêtre Éli, il entend dès l'enfance l'appel divin : « Samuel, Samuel ! » Prophète, juge et prêtre à la fois, il parcourt le pays — d'Éphraïm à Guilgal, de Mitzpa à Béthel — pour rendre la justice. Le sanctuaire de Silo, où reposait l'Arche depuis Josué, est détruit par les Philistins dans une bataille désastreuse à Afeq. L'Arche est capturée ; Éli meurt de saisissement en apprenant la nouvelle ; sa belle-fille accouche d'un fils qu'elle nomme *Ikavod* — « plus de gloire », car « la gloire s'est exilée d'Israël ». L'Arche provoque de telles plaies chez les Philistins qu'ils la renvoient d'elle-même sur un char tiré par deux vaches. Elle s'arrête à Beth-Shémesh, puis demeure vingt ans à Kiriath-Yearim, oubliée presque.

Le peuple, vieillissant Samuel, réclame un roi « comme toutes les nations » (1 S 8,5). Samuel avertit : le roi prendra vos fils, vos champs, votre dîme. Le peuple persiste. Samuel oint alors Saül, fils de Kish, de la tribu de Benjamin, « le plus beau des enfants d'Israël, plus grand que tout le peuple de l'épaule en haut » (1 S 9,2). Saül, d'abord humble (il se cache dans les bagages le jour de son élection), délivre Jabesh de Galaad assiégée par les Ammonites. La royauté est acceptée.

Mais Saül, tourmenté, obéit mal. Il offre lui-même un sacrifice à la place de Samuel (1 S 13). Il épargne Agag, roi d'Amaleq, contre l'ordre du *ḥerem* (1 S 15). Samuel, désolé, l'abandonne : « Dieu a retiré de toi la royauté... » Il part oindre secrètement, à Bethléem, le plus jeune fils d'Isaï — David, un berger aux yeux beaux et au cœur pieux.

David entre à la cour de Saül comme harpiste pour calmer le roi dans ses crises. Puis vient Goliath, géant philistin de Gath. Le jeune David, armé de sa seule fronde, terrasse le géant devant les deux armées stupéfaites. Le peuple chante : « Saül a frappé ses mille, et David ses dix mille. » La jalousie de Saül s'éveille. Il tente plusieurs fois de tuer David qui fuit. Jonathan, fils de Saül, et David nouent l'une des plus belles amitiés de la Bible — Jonathan protège David au péril de sa propre succession au trône.

David erre, réfugié tour à tour chez les Philistins (paradoxe), à En-Guédi, dans les grottes d'Adoullam. Il compose des Psaumes (selon la tradition), rassemble une bande de hors-la-loi, épargne Saül deux fois alors qu'il pouvait le tuer. Pendant ce temps, les Philistins montent au mont Guilboa. Saül et Jonathan y meurent dans la bataille. « Les monts de Guilboa, que ni rosée ni pluie ne tombent sur vous ! » s'écrie David dans sa complainte (2 S 1).

Le siècle s'achève avec David roi de Juda à Hébron. Le royaume n'est pas unifié ; Israël du nord suit Ish-Boshet, fils de Saül. Sept ans de guerre civile, puis, au début du Xᵉ siècle, David sera proclamé roi de tout Israël, et un nouveau chapitre commencera — celui de Jérusalem.