זכורZakhor
Égypte & Conquête1300-1201 av. J.-C.

XIIIe siècle av. J.-C.

Moïse, l'Exode et le Sinaï

Résumé

Sous Ramsès II ou Mineptah, Moïse conduit la sortie d'Égypte, reçoit la Torah au Sinaï, construit le Tabernacle. Les quarante ans du désert préparent l'entrée en Canaan.

Événements marquants

  • 1279-1213 av.Règne de Ramsès II ; Abou Simbel, Ramesséum, Karnak.
  • c. 1275 av.Bataille de Qadesh entre Ramsès II et le roi hittite Muwatalli II.
  • c. 1250 av.Tradition : l'Exode d'Égypte sous la conduite de Moïse.
  • c. 1250 av.Révélation du Sinaï, don de la Torah ; construction du Tabernacle.
  • c. 1207 av.Stèle de Mineptah : première mention épigraphique d'« Israël ».

Le siècle en récit

Le XIIIᵉ siècle avant notre ère est celui de l'Exode. C'est le fait fondateur du peuple juif, l'événement qui sera rappelé chaque semaine au Kiddoush du Shabbat, chaque année à Pessah, chaque jour dans la liturgie. « Tu te souviendras que tu as été esclave au pays d'Égypte et que l'Éternel ton Dieu t'en a fait sortir à main forte et à bras étendu. »

Le pharaon régnant est, selon l'hypothèse la plus reçue, Ramsès II — le plus long règne de l'histoire égyptienne (1279-1213), bâtisseur colossal de Karnak, d'Abou Simbel, du Ramesséum ; ou son fils Mineptah (1213-1203), qui mentionne pour la première fois « Israël » comme peuple dans sa stèle de victoire (c. 1207).

Moïse, revenu d'exil à Madian, reçoit au mont Horeb l'appel du Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Le buisson brûle sans se consumer. Moïse demande : « Quel est ton nom ? » La réponse est énigmatique : *Ehyeh asher Ehyeh* — « Je serai qui je serai » (Ex 3,14). Ce Nom, que la tradition juive ne prononcera plus, fonde la théologie juive du Dieu transcendant, non nommable, présent.

Moïse retourne en Égypte, avec son frère Aaron. Commencent alors les dix plaies : le Nil changé en sang, les grenouilles, les poux, les mouches, la peste du bétail, les ulcères, la grêle, les sauterelles, les ténèbres, et enfin la mort des premiers-nés. À la dernière plaie, les Hébreux immolent un agneau, badigeonnent de son sang les montants de leurs portes — et le destructeur « passe au-dessus » (*pessah*) de leurs maisons. Pharaon capitule ; les Hébreux sortent d'Égypte, au nombre de « six cent mille hommes à pied, sans les enfants » (Ex 12,37) — chiffre symbolique que la critique moderne réduit.

La mer des Joncs s'ouvre sous le souffle divin. Les Hébreux passent à pied sec ; les chars pharaoniques y sont engloutis. Miriam, sœur de Moïse, chante avec les femmes : « Chantez à l'Éternel, car il a éclaté en gloire ! Cheval et cavalier, il les a jetés à la mer ! » (Ex 15,21). C'est le plus ancien poème d'Israël.

Vient le Sinaï. Cinquante jours après la sortie d'Égypte, au sommet du mont, dans le tonnerre et la nuée, Moïse reçoit la Torah. Les Dix Paroles sont gravées sur deux tables de pierre. Le peuple y répond : *na'asseh ve-nishma* — « nous ferons et nous écouterons ». L'Alliance de Dieu avec un individu (Abraham) devient l'Alliance de Dieu avec un peuple entier. La *Mishkan*, le Tabernacle portatif, est construit selon les plans révélés à Moïse — préfiguration du Temple à venir. Bezalel et Oholiab en sont les artisans ; la colonne de nuée le jour, de feu la nuit, accompagne la marche.

Les quarante années du désert sont une longue école. Le peuple est pétri par l'errance : rébellions (le Veau d'or, Koré, les explorateurs pusillanimes), famines, soif, serpents brûlants, victoires (contre Amalek, Sihon, Og). Moïse meurt sur le mont Nébo avant d'entrer en Canaan ; Dieu l'enterre lui-même, en un lieu que nul ne connaît (Dt 34).

La stèle de Mineptah (c. 1207 av.) mentionne alors : « Israël est ravagé, sa semence n'est plus. » C'est la première attestation épigraphique du nom d'Israël. L'histoire du peuple y entre officiellement — non pas par la conquête, mais par la défaite. Comme si, dès le premier coup d'œil du reste du monde, Israël apparaissait avec sa vulnérabilité et sa persistance mêlées.